De Marrakech au Sahara : la Blackmagic PYXIS 12K à l'épreuve du terrain
Pendant neuf mois, le directeur de la photographie Dale Campbell a tourné avec la Blackmagic PYXIS 12K sur divers projets. Pour son dernier projet en date, il s’est rendu dans les dunes du Sahara et à Marrakech pour filmer différentes ambiances, avec six configurations distinctes de la caméra, en fonction des besoins de chaque prise. Retour d’expérience de ce tournage.
Un terrain de jeu créatif entre désert et ville
Pour son projet au Maroc, Dale Campbell souhaitait explorer des univers visuels très différents : des dunes à perte de vue, un immense soleil à l’horizon, des véhicules en mouvement et les lumières changeantes de Marrakech.
L'idée était de créer des images à la fois spectaculaires et contemplatives, mais aussi des séquences plus dynamiques, portées par le mouvement et l'énergie de la ville.
Dans le désert, le directeur de la photographie a notamment imaginé des scènes inspirées de l'univers publicitaire et de la mode. En empruntant des vêtements à une marque qu'il connaissait, il souhaitait donner à ses images une véritable intention commerciale, comme s'il réalisait une campagne pour un client.
Mais ce voyage était également l'occasion d'expérimenter de nouvelles techniques de prise de vue et de pousser plus loin les possibilités de la Blackmagic PYXIS 12K.
« On prend des décisions créatives en fonction de ce que l'on a dans son sac, de l'endroit où l'on se trouve et des conditions qui s'offrent à nous. » Plutôt que de rechercher une configuration universelle, Dale Campbell a adapté sa caméra à chaque situation.
Capturer le soleil du Sahara : un défi de précision
Parmi les images les plus ambitieuses du tournage, Dale Campbell avait une idée bien précise en tête : filmer un personnage en pied devant un soleil gigantesque, en utilisant la compression des perspectives d'un téléobjectif.
Pour obtenir cet effet, il a choisi un objectif à miroir Olympus Zuiko 500 mm vintage. Une optique particulièrement compacte pour sa focale, acquise d'occasion pour environ 130 livres sterling.
Ce choix répondait à plusieurs contraintes. Un téléobjectif de 800 mm aurait pu offrir un résultat intéressant, mais son poids, son encombrement et la nécessité d'utiliser un trépied plus imposant auraient compliqué le tournage.
Avec son 500 mm, il disposait d'une solution plus légère, tout en conservant la portée nécessaire à son idée.
Après plusieurs essais préparatoires, il avait estimé que James, son modèle, devait se trouver à environ 500 mètres pour obtenir le cadrage souhaité. Sur place, il fallait encore identifier deux dunes suffisamment éloignées, avec la bonne différence d'altitude et une vue dégagée sur le soleil. Et surtout, il fallait agir vite.
Au coucher du soleil, l'équipe ne disposait que d'environ six minutes pour réaliser la prise une fois l'astre correctement positionné. Depuis sa caméra, Dale Campbell donnait ses instructions à James à travers les dunes pour ajuster son placement.
Pour prolonger cette courte fenêtre de tournage, il utilisait également une astuce : commencer avec le trépied à sa hauteur minimale, puis le relever progressivement à mesure que le soleil descendait derrière l'horizon.
Le lendemain matin, la même technique a permis d'obtenir une image très différente. Cette fois, le contraste plus marqué entre le personnage et le soleil a conduit le directeur de la photographie à privilégier une silhouette, mettant en valeur les teintes orangées du ciel.

Pourquoi filmer en 9K plutôt qu'en 12K ?
Pour ces prises de vue au téléobjectif, Dale Campbell a choisi d'utiliser le mode 9K de la PYXIS 12K.
Il aurait parfaitement pu enregistrer en 12K puis recadrer son image en postproduction, mais son approche était différente. En choisissant directement la zone du capteur correspondant au cadrage souhaité, il pouvait composer son image et contrôler précisément sa mise au point. Car disposer d'une résolution très élevée ne garantit pas que tous les détails d'une image seront parfaitement nets.
Le mode 9K lui a ainsi permis d'aborder ces plans avec davantage de précision, tout en obtenant le rapport de taille recherché entre le personnage et le soleil.
De la 4K à la 12K : une résolution pour chaque intention
L'un des principaux enseignements de ce tournage concerne la liberté offerte par les différents modes d'enregistrement de la Blackmagic PYXIS 12K.
Si sa résolution maximale attire naturellement l'attention, Dale Campbell considère la 8K comme son format de prédilection au quotidien. Elle représente, selon lui, un excellent compromis entre finesse d'image et volume de données.
Au Maroc, il a cependant exploité les différentes résolutions en fonction des scènes :
- 12K : pour les plans relativement statiques, les paysages et les compositions particulièrement soignées, afin de profiter de la définition maximale du capteur.
- 9K : pour les prises de vue au téléobjectif et certains gros plans nécessitant un cadrage plus serré.
- 8K : pour bénéficier d'une très haute résolution tout en maîtrisant davantage les volumes de fichiers.
- 4K : pour les mouvements rapides, les prises de vue à main levée et les situations nécessitant une lecture plus rapide du capteur.
Cette flexibilité a également été précieuse pour les séquences de sandboard. En passant du format « Open Gate » 3:2 au 16:9, Dale Campbell a pu atteindre une cadence de 84 images par seconde, afin de restituer les mouvements avec davantage de liberté au montage. Le capteur 3:2 de la PYXIS 12K se prête par ailleurs particulièrement bien à l'utilisation d'objectifs anamorphiques.
Pour ce projet, Dale Campbell a principalement utilisé des optiques DZOFilm Arcana avec un facteur de compression de 1,5x, offrant une esthétique cinématographique caractéristique. Grâce à un adaptateur Mofage Poco II PL vers L, il pouvait également installer ses filtres ND derrière l'objectif.
Au total, le tournage a généré un peu plus de 6 To de données, principalement enregistrées en Blackmagic RAW Q3 sur des cartes CFexpress Wise Advanced de 2 To.
Un volume conséquent, mais assumé pour un projet privilégiant la qualité et l'expérimentation visuelle.
Marrakech de nuit : maîtriser l'imprévisible
Après les vastes paysages du Sahara, changement radical d'environnement.
À Marrakech, Dale Campbell a installé la PYXIS 12K sur le side-car d'une moto pour filmer James au milieu de la circulation nocturne. Une séquence particulièrement exigeante, puisque la caméra devait enregistrer sans intervention possible une fois le véhicule en mouvement.
Les conditions lumineuses changeaient constamment : phares de voitures, lampadaires, enseignes LED, feux stop et rues presque plongées dans l'obscurité.
Plutôt que de chercher à uniformiser l'exposition, Dale Campbell a concentré son attention sur le visage du personnage. Avant le départ, il a réglé son exposition pour que la peau de James se situe approximativement entre 35 et 55 IRE sous les éclairages disponibles.
L'objectif était d'éviter une surexposition importante du sujet, tout en acceptant que son visage s'assombrisse naturellement dans certaines portions du trajet.
Initialement, la séquence avait été enregistrée en 12K, avec les réglages conservés des plans précédents. Après un premier essai, le directeur de la photographie a finalement choisi de passer en 4K, dont la lecture du capteur convenait mieux aux mouvements du side-car.

Conserver l'atmosphère de la ville en postproduction
En post-production le plus grand défi a été la balance des blancs.
Les différentes sources lumineuses produisaient des dominantes de couleur très variables pendant le tournage, parfois d'un plan à l'autre, voire au sein d'une même prise.
Dans DaVinci Resolve, Dale Campbell a choisi quelques images de référence pour établir une balance des blancs globale, en s'appuyant notamment sur le t-shirt blanc porté par James. Il a ensuite volontairement conservé les variations de couleur au fil du trajet.
Une lumière orangée sous un lampadaire au sodium, une ambiance plus froide sous des LED ou les reflets rouges des feux de freinage : ces changements participaient à l'identité visuelle de la séquence.
Les images tournées à 1 600 ISO ont nécessité une légère correction d'exposition et une réduction du bruit temporel modérée, avant l'ajout de grain dans le cadre d'une émulation de pellicule.
Cette expérience illustre l'intérêt de disposer d'une caméra capable de préserver une image exploitable dans des environnements lumineux complexes, tout en laissant une grande liberté créative en postproduction.
Six configurations pour une seule caméra
Au-delà de la qualité d'image, c'est aussi la modularité de la Blackmagic PYXIS 12K que Dale Campbell souhaitait mettre à l'épreuve.
Pour son voyage, il avait choisi de transporter la caméra entièrement démontée, accompagnée d'une sélection d'accessoires lui permettant de construire différentes configurations selon les besoins. Au total, il en a utilisé six.
Pour les séquences à main levée, il privilégiait une configuration équipée de poignées latérales en bois, du moniteur PYXIS et de batteries BPU. Une seconde version, plus minimaliste, lui permettait de gagner encore en légèreté et en discrétion.
Pour d'autres prises, il utilisait une cage XLCS avec le viseur électronique PYXIS, ou une configuration intégrant la poignée supérieure et le moniteur installé sur le rail du viseur.
Les séquences embarquées nécessitaient une approche différente.
Sur le side-car de la moto, Dale Campbell a choisi de fixer directement le boîtier nu à l'aide de petits éléments de montage vissés dans les points de fixation intégrés à la caméra.
Pour les prises de vue en quad, il a également réduit la configuration au strict minimum, sans moniteur ni viseur électronique.
Cette capacité à passer d'une caméra équipée pour le tournage à main levée à un boîtier compact destiné à être fixé sur un véhicule constitue l'un des grands atouts de la conception modulaire de la PYXIS.
Une cage blanche pour affronter la chaleur du désert
L'une des configurations les plus originales du projet était équipée d'une cage XLCS blanche, fabriquée spécialement pour Dale Campbell. Un choix qui ne relevait pas uniquement de l'esthétique.
Dans le Sahara, les températures peuvent dépasser 40 °C, tandis que les accessoires métalliques noirs exposés au soleil peuvent devenir particulièrement chauds.
Pour une séquence en quad, la caméra devait rester installée à l'extérieur pendant environ deux heures, sans protection contre le soleil.
La cage blanche avait donc pour objectif de limiter l'échauffement de l'équipement.
Après avoir utilisé la PYXIS 12K dans de nombreux environnements, Dale Campbell ne remettait pas particulièrement en question sa résistance à la chaleur. Mais face à des conditions aussi extrêmes, il préférait prendre quelques précautions supplémentaires.

Neuf mois de tournage, des glaciers au Sahara
Le Maroc n'était pas le premier environnement difficile rencontré par la Blackmagic PYXIS 12K de Dale Campbell. Au cours des neuf mois précédents, il l'avait déjà utilisée dans des conditions particulièrement variées.
Sur des glaciers à environ -32 °C, exposée à l'eau glacée et aux vents de l'Atlantique pendant une sortie de pêche au large de l'Irlande, dans l'humidité d'une forêt tropicale d'Amérique centrale, puis dans la chaleur et le sable du Sahara.
Autant de situations qui lui ont permis de mieux comprendre les capacités de la caméra et de faire évoluer ses habitudes de tournage.
Son approche de l'équipement a notamment changé. Alors qu'il utilisait initialement différentes optiques Canon FD, il privilégie désormais davantage les objectifs PL, notamment pour la possibilité de placer des filtres ND derrière l'optique grâce à son adaptateur Mofage.
Il a également progressivement simplifié ses configurations. Pour les longues journées de tournage en autonomie, son installation préférée se compose souvent du boîtier, de la poignée supérieure et du moniteur PYXIS. Une solution légère, maniable et discrète, particulièrement appréciable lorsqu'il filme au milieu du public.
À l'inverse, lorsqu'un projet nécessite davantage d'accessoires, il retrouve une configuration plus complète avec cage et alimentation V-Mount.
La Blackmagic PYXIS 12K : au-delà de la résolution
Après neuf mois d'utilisation, Dale Campbell retient avant tout une chose : la confiance qu'il a développée envers sa caméra.
La résolution 12K constitue évidemment un argument majeur, mais elle ne résume pas à elle seule les possibilités de la PYXIS. Le directeur de la photographie insiste notamment sur la qualité des images obtenues en 4K, un format qu'il utilise régulièrement pour ses projets documentaires, notamment culinaires, lorsque les longues prises et les volumes importants de rushes nécessitent une gestion plus raisonnable des données.
Il souligne également sa confiance croissante dans la capacité du capteur à gérer des situations complexes, notamment en matière de plage dynamique.
De la précision d'un plan au téléobjectif dans le désert aux mouvements rapides d'une moto dans Marrakech, en passant par les prises de vue anamorphiques et les configurations embarquées, ce projet démontre qu'une même caméra peut répondre à des intentions visuelles très différentes.
La force de la Blackmagic PYXIS 12K ne réside donc pas uniquement dans sa définition maximale, mais dans la liberté qu'elle offre aux réalisateurs et directeurs de la photographie d'adapter leur outil à leur manière de filmer.
Une polyvalence que Dale Campbell a mise à l'épreuve pendant neuf mois, et qui lui permet aujourd'hui d'aborder chaque nouveau projet avec davantage de confiance.
Workshop sur la PYXIS 12K animé par Dale Campbell
Pour découvrir la PYXIS 12K et toutes ses fonctionnalités, nous organisons un workshop le jeudi 3 décembre 2026, en présence du directeur de la photographie Dale Campbell. Au programme : des images des coulisses du projet, des démonstrations pratiques et séances d’essai avec la caméra.
Inscriptions à venir.